OÙ TE VOIS-TU DANS 10 ANS?

Est-ce que je suis la seule qui déteste se faire poser cette question?

Je me suis toujours demandé ce que cette question permettait d’évaluer lors d’une entrevue professionnelle. Mon habileté à m’inventer un futur? Mes capacités d’improvisation? Quelqu’un m’a déjà expliqué que c’était une bonne façon de savoir si la personne avait de l’ambition et si elle se voyait à long terme dans l’entreprise. Du gros n’importe quoi tant qu’à moi.

D’abord, est-ce qu’on doit vraiment savoir ce qu’on veut faire dans les 5 ou 10 prochaines années pour avoir de l’ambition et des rêves? Je ne pense pas. On peut certainement avoir des objectifs personnels et professionnels à court, moyen et long terme, mais le temps et le contexte dans lequel on évolue en cours de route ont de bonnes chances de faire changer lesdits objectifs. La vraie question serait plutôt : donne-moi un exemple d’accomplissement que tu aimerais réaliser dans ta vie.

Ensuite, les entreprises ne devraient pas poser une question d’entrevue qui porte sur la fidélité à long terme du candidat au sein de l’organisation. Avec la nouvelle génération de travailleurs, on verra de moins en moins de carrières de 35-40 ans pour un même employeur, et il vaut mieux en prendre conscience aujourd’hui que de jouer à l’autruche et espérer tomber sur la perle rare. La vérité, c’est qu’il existe des personnes qui pourraient ne passer que quelques mois dans votre entreprise et la faire évoluer à la vitesse de la lumière. Ce sont elles qu’il faut essayer de repêcher!

Personnellement, quand on me demande où je serai dans le futur, la première réponse qui me vient en tête est : je n’en sais rien. Non seulement je n’ai aucune idée d’où je serai dans 5 ou 10 ans, je ne sais même pas ce que je ferai dans 8 mois, quand je reviendrai au Québec. Une chose à la fois comme on dit.

N’allez surtout pas penser que je n’ai pas de projets, d’idées, d’ambitions ou de rêves! Au contraire, je les collectionne. Cependant, l’expérience m’a appris que parfois, trop planifier peut créer des déceptions et nous faire passer d’autres opportunités. Une des grandes décisions que j’ai prises quant à la gestion de ma vie, c’est d’éviter les regrets et de profiter de chaque instant.

Il y a 10 ans, j’étais encore au secondaire, convaincue que je travaillerais dans le domaine de la santé. Il y a 5 ans, je commençais l’université à reculons, ayant hésité entre le Baccalauréat en Administration des Affaires et le Diplôme d’Études Professionnelles en Pâtisserie professionnelle. Il y a 2 ans, j’achetais un condo à Québec avec mon amoureux et je préparais le lancement de mon entreprise pour donner des ateliers de cuisine québécoise aux touristes. L’an dernier, je mettais le condo en vente et je fermais mon entreprise en gestion de projet.

Aujourd’hui, je suis coopérante volontaire au Pérou pour un mandat d’un an en marketing touristique. Pensez-vous vraiment que j’aurais pu prédire cela? Avec les différents projets sur lesquels je travaillais dans les différents moments de ma vie, jamais je n’aurais pu avoir une idée claire de ce que je ferais dans le futur.

Pourtant, me voici, dans le présent, comblée et accomplie, avec encore pleins d’idées derrière la tête. Chaque seconde qui passe me fait grandir, et à chaque jour une nouvelle route se dessine devant moi. Où est-ce que je me vois dans 10 ans? À l’endroit qui me rendra heureuse, tout simplement.

2 Commentaires
  • Akhmed

    15 octobre 2017 at 22:47 Répondre

    C’est quoi les jobs que t’as eu dans ta vie? Je suis curieux.

    • Marie-Hélène Couette

      17 octobre 2017 at 10:48

      Bonjour Akhmed! Sans aller dans les détails sur mon CV, j’ai eu des expériences professionnelles plutôt variées et dans des milieux très différents (gouvernement, PME, grande chaîne, bénévolat, coopération, entrepreneuriat, consultation, etc.) J’espère que ça répond à ta question!

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