AVOIR LE SYNDROME DE L’IMPOSTEUR

Avez-vous déjà eu l’impression qu’on vous a assigné une place qui n’aurait pas dû être la vôtre? Vous savez, ce sentiment d’imposture qui vous fais douter d’être suffisamment compétent, talentueux ou débrouillard pour le rôle qu’on vous a donné? Moi, ça m’est arrivé à plusieurs reprises.

La fois la plus récente date de mon arrivée au Pérou, au début de mon année de coopération internationale. Avant de partir, je me sentais plutôt confiante avec le mandat et les tâches qui m’avaient été attribuées, bien que ça représentait un assez grand défi. Cependant, le changement de partenaire et quelques lacunes au niveau de la communication ont fait en sorte que mon plan d’action a changé.

Sur le coup, je n’ai pas paniqué, car en réalité je supporte très bien le changement. J’étais très ouverte à l’adaptation de mon plan de travail et j’avais hâte de commencer. J’ai commencé à sentir le syndrome de l’imposteur à mon premier jour de travail, alors que la représentante d’Uniterra qui m’accompagnait m’a présentée comme une « experte en marketing touristique ». Tout d’un coup, je n’étais plus aussi confiante.

Pendant plusieurs semaines, j’ai eu l’impression de ne pas être au bon endroit. On me demandait de donner mon avis sur des sujets que je ne connaissais qu’en surface, et on voulait que je prépare des conférences à propos de matière dont je n’ai qu’une brève idée. Je faisais de mon mieux, mais j’avais vraiment le sentiment de mentir, ou du moins d’embellir la réalité.

Ce n’est que récemment que j’ai réalisé quelque chose d’important. Non, je ne suis pas une « experte » dans mon domaine, mais finalement ce sont mon expérience, ma capacité de recherche l’information et ma facilité à la vulgariser qui sont beaucoup les plus importantes dans mon travail. En effet, ma vision plus globale du sujet et ma méthodologie me sont propres, et apportent un point de vue très différent ici, à Tarapoto.

Quand on veut aider au développement de compétences dans un pays en développement, l’important ce n’est juste ce qu’on sait, mais surtout comment on peut l’expliquer. Bien que je n’aie que 24 ans et encore beaucoup à apprendre sur le marketing touristique, mon expérience de travail, d’entrepreneuriat, de bénévolat et d’étudiante me servent énormément. Je vois bien que j’arrive à apporter une valeur ajoutée aux projets dans lesquels je m’implique, et c’est hautement satisfaisant.

Probablement qu’au Québec je n’aurais pas pu (et je ne pourrai toujours pas à mon retour) décrocher un emploi dans ce domaine. Il y a certainement des personnes plus qualifiées qui occupent ce genre de postes dans les entreprises de chez nous. Par contre, ce n’est pas tout le monde qui est prêt à tout mettre en pause pour aller travailler dans un autre pays pendant un an. Ou qui a de la facilité à partager de l’information. Ou qui a l’envie et la patience d’apprendre une autre langue. Ces aptitudes-là, je peux dire fièrement qu’elles me sont intrinsèques.

Est-ce qu’aujourd’hui je peux dire que j’ai encore le syndrome de l’imposteur? Non, loin de là.

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