AUJOURD’HUI, JE VIS AU PRÉSENT

J’ai toujours été très portée sur le futur, curieuse de savoir ce qui se passera demain. Ce n’est que l’an dernier que j’ai commencé à vivre dans le moment présent. Qu’est-ce que qui a déclenché ce changement? Mon voyage d’exploration solidaire au Cambodge pour Village Monde.

Bien que ce n’était pas mon premier séjour à l’étranger, cette expérience a définitivement eu un grand impact dans ma façon de voir les choses. Quand je suis rentrée à la maison, je me sentais différente, et j’ai pu voir de nombreux changements dans ma vie. Rien n’était forcé ou exagéré, je dirais même que tout s’est fait très naturellement.

Un de ces grands changements a été de commencer à vivre pour aujourd’hui. Étant organisée et méthodique, j’ai toujours accordé une grande importance au futur. Qu’est-ce que je ferai demain? Où est-ce que je serai dans un an? Combien est-ce que j’ai besoin d’avoir dans mon compte pour les imprévus? À quelle heure est-ce que je rencontre mes amis? Il n’y avait pas grand-chose que je laissais au hasard, et même mes décisions spontanées étaient, d’une façon ou d’une autre, prévues d’avance.

Je ne pense pas que ce soit mal d’avoir une vision et de vouloir gérer son agenda et ses projets, au contraire. Cependant, ça peut devenir problématique quand on vit tellement dans la planification qu’on finit par ne plus passer à l’action. Ou qu’on essaie tout le temps de tout prévoir, à un tel point qu’on passe à côté de plusieurs expériences et opportunités.

Il n’y a pas que de vivre dans le futur qui peut nous empêcher de pleinement profiter du présent. Pour certains, il est difficile de cesser de penser au passer tellement la nostalgie est forte. Que ce soit pour se rappeler de bons moments ou pour repenser à une occasion manquée, ces personnes sont prises dans leurs souvenirs, parfois incapables de voir tout ce qui s’offre à eux dans le moment présent.

Comme tout dans la vie, la solution est de trouver une balance, un entre-deux sain où l’on est capable de progresser à un rythme qui nous est naturel et qui nous convient. Dans le présent, c’est beaucoup plus facile de trouver cet équilibre. Vivre pour aujourd’hui, ça implique bien sûr de savoir d’où on vient et vers où on veut aller, mais tout cela en se laissant un peu plus porter par la vie, sans trop de soucis ou d’inquiétudes.

C’est une humble leçon que j’ai apprise auprès des communautés rurales que j’ai visitées au Cambodge. Là-bas, ce qui importe ce n’est pas que ce tu as fait hier ou ce que tu feras demain, mais plutôt qu’est-ce que tu peux faire aujourd’hui pour que ta famille survive et que tu puisses voir le soleil à nouveau demain. Bien que ça peut paraître un peu extrême, cette réalité je l’observe aussi au Pérou. Je réalise encore plus maintenant que c’est nous, les occidentaux, qui sommes coincés dans nos normes sociales trop exigeantes. À force de vouloir trop bien faire et tout prévoir, on laisse le présent s’échapper sans même s’en rendre compte.  

Avec du recul, je peux affirmer que je suis plus heureuse que jamais depuis que j’ai fait ce changement dans ma façon d’interagir avec la planète. Maintenant que j’ai pris conscience de la place un peu trop grande que prenait le futur dans ma vie, j’essaie de me laisser aller davantage à la dérive, en paix avec moi-même. Aujourd’hui, je vis au présent.

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