J’AI PLEURÉ TELLEMENT C’ÉTAIT DRÔLE

Lorsqu’on est en voyage, on essaie d’amener seulement l’essentiel afin de faciliter les déplacements. Pour Valérie, ma compagne de voyage, un sac de couchage est en soie est une nécessité dans un voyage en Asie. En plus de garantir de dormir dans des draps propres, il réduit les risques d’être mordu par des punaises de lits. Léger et délicat, elle en avait reçu un de sa mère qui était très compact et s’emballait dans un petit sac vert, qu’elle traînait dans son sac à dos depuis déjà deux mois.

Le 20 novembre, elle a réalisé qu’elle avait perdu son sac de couchage.

Après avoir vidé complètement toutes ses affaires, elle a compris que l’objet si précieux était resté au dernier hébergement visité : une chambre chez l’habitant dans le village de Koh Pdao. Nous étions alors dans la ville de Kratie, à environ 45 minutes de tuk tuk du village, qui est accessible par bateau uniquement puisque situé sur une île. Le lendemain matin, nous partions pour la province de Mondulkiri, et nous ne reviendrions jamais dans la région du Mékong.

C’est à ce moment qu’a commencé la chasse au sac de couchage. Avec des échanges de courriels, Valérie a pu entrer en contact avec l’organisme de Kratie qui avait organisé notre tour. Lorsqu’ils nous ont confirmé que le sac était toujours à Koh Pdao, il a été entendu qu’il serait récupéré et envoyé à Phnom Penh, à l’auberge de jeunesse où nous résiderions la nuit du 27 au 28 novembre.

Le sac de couchage n’était pas à Phnom Penh lorsque nous y sommes arrivées.

Avec le téléphone de la réception, Valérie a pu rejoindre l’organisme qui s’est excusé pour l’inconvénient et nous a indiqué que le sac serait envoyé à cette même adresse pour le 3 décembre puisque nous y résiderions à nouveau pour une nuit.

Valérie était réellement désespérée et triste d’avoir perdu cet équipement, surtout qu’on continuait à visiter toutes sortes d’hébergements, et que la possibilité d’avoir des punaises de lit demeurait bien présente. Entre vous et moi, elle commençait même à devenir un peu paranoïaque, ce que je comprends tout à fait dans sa situation!

Devinez quoi? Le sac de couchage n’était pas à Phnom Penh lorsque nous y sommes arrivées. Encore.

Téléphone. Courriels. Frustration. Désespoir.

L’organisme a accepté d’envoyer le sac à Banteay Chhmar, un village situé près de la frontière avec la Thaïlande. C’était notre destination au Cambodge, donc le dernier espoir d’un jour récupéré le foutu sac.

Le sac de couchage n’était pas à Banteay Chhmar lorsque nous y sommes arrivées.

Cependant, nous avons vite eu la confirmation que le sac serait à Sisophon, une ville que nous devrions traverser pour se rendre à la douane. Comme nous faisions ce voyage en taxi, nous étions certaines de pouvoir arrêter à la station de bus où le sac se trouvait pour le récupérer, une bonne fois pour toute.

Le jour de notre départ du Cambodge, nous étions excitées et stressées d’arriver à Sisophon. Il nous semblait presqu’impossible de mettre à nouveau la main sur un objet qui avait été perdu depuis déjà 16 jours. Et nous avions de bonnes raisons de douter : le sac de couchage n’était pas à Sisophon lorsque nous y sommes arrivées.

Avec le chauffeur de taxi, nous avons commencé à faire des appels un peu partout, à toutes les personnes qui nous avaient aidé dans ce processus. Au bout d’un certain moment et de plusieurs échanges avec la compagnie d’autobus en khmers, il nous a annoncé que le sac de couchage arriverait vers 14h00. Il était 9h00 le matin, et nous avions déjà un horaire très serré, car Valérie devait rejoindre ses amis à Bangkok à 19h00.

Juste comme nous avions abandonné l’idée de retrouver l’objet si convoité, un chauffeur de moto avec une petite remorque s’est arrêté à côté de notre taxi. C’était un livreur local, qui venait récupérer les paquets reçus et les distribuer dans la ville. J’observais donc la commis de la compagnie d’autobus déposer les paquets dans la remorque quand… j’ai aperçu un petit sac vert! Brusquement, j’ai ouvert la porte et j’ai crié de joie, tellement fort que le chauffeur de moto a eu la peur de sa vie! Je lui ai pointé le sac en criant sa couleur, et il me l’a remis, amusé et apeuré à la fois.

Quand j’ai remis le sac à Valérie, nous étions en pleine euphorie. Toutes les deux, nous pleurions et nous rions comme nous n’avions jamais ri. Le chauffeur de taxi, la commis et le motocycliste trouvaient eux aussi la situation hilarante, de voir ainsi deux filles pleurer et rire autant pour un sac vert de la taille d’un étui à crayon. Ça nous a pris au moins 10 minutes à retrouver une respiration normale et à réaliser qu’après toutes ces péripéties, on avait finalement retrouvé le sac de couchage. Ça relevait du miracle, mais c’était un réel soulagement.

Je vais me souvenir toute ma vie de ce moment. Même en écrivant cet article, je ne peux m’empêcher d’avoir le sourire aux lèvres!

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